À l'époque de...

 

Les racines du temps

Un Palais dans les dunes

L'étrangère de Saint-Pétersbourg

Les amants de la petite reine

La splendeur des Vaneyck

Les silences du Maître drapier

Le Moulin de la Dérobade

Les filles du Houtland

L'oubliée de Salperwick

Le coeur en Flandre

La kermesse du diable

 


À l'époque de... Les racines du temps

Fin du XIV e siècle…
Le XIVe siècle n’était pas « la guerre de Cent ans », mais un amoncellement de batailles privées, entrecoupées de longues périodes de paix. À moins que cette guerre ne fut la première des guerres modernes, puisqu’elle touchait des souverains et non plus de simples seigneurs.
Par le mariage de Marguerite de Flandre, l’héritière du comte de Flandre, avec Philippe le Hardi, duc de Bourgogne et frère cadet du roi de France, Lille était revenue au Comté, et les Bourguignons découvraient la Flandre.
On gardait des séquelles de la grande Peste du milieu du siècle. La grande Mort reparaissait à différentes reprises, en traître, et frappait.
L’apanage de Yolande de Flandre, comtesse de Bar, Dame de Cassel et de Dunkerque, était une enclave indépendante dans le comté de Flandre. Elle n’était pas assujettie à la domination directe du comte de Flandre. Elle possédait une véritable Cour.
Cousine des rois de France, Yolande avait été élevée à la cour du roi Philippe VI de Valois. Son premier époux dont elle avait eu deux fils, était le neveu du roi.. Son fils Robert, comte de Bar, avait épousé la fille du roi Jean le Bon, et soeur de Charles V.
Yolande était riche et belle, célébrée pour sa beauté par le poète Eustache Deschamps, et très convoitée. Une femme qui devait se faire craindre pour régner, qui n’hésitait pas à user de la violence, à se venger des ravages commis sur sa famille ou ses terres, ce qui lui valut des excommunications, et emprisonnements. Elle était avant tout une femme résistant au machisme ambiant de ce siècle- contrairement aux siècles précédents - un siècle où le droit français venait d’exclure les femmes du pouvoir. Était-elle punie pour son comportement autoritaire ou tentait-on d’écarter une femme qui osait s’afficher l’égale de l’homme ? Une femme tenace contre les attaques, indisciplinée certes, mais aux grandes qualités de cœur puisqu’elle exerçait la charité, la piété et la générosité. Une femme incarnant la féodalité et les déchirements de la Flandre, ses tiraillements politiques avec la France qui convoitait le Comté, économiques avec le commerce anglais dont on dépendait pour la laine, et religieux avec le Grand Schisme.

Le Grand Schisme religieux :
Une autre guerre que celle appelée plus tard « guerre de cent ans », se déroulait à l’ombre des gargouilles, une guerre à coups d’exactions financières, de confiscations des bénéfices, à coup d’anathèmes et d’excommunication. Les évêques, les rois, les seigneurs étaient des gens puissants. Les hommes d’église avaient le pouvoir dans leurs sermons de maudire les princes ou de prier pour leur bien.
Les conflits politiques de Philippe le Bel avaient abouti à l’installation de la papauté à Avignon. Désirant suivre le procès des Templiers, Clément V s’était établi dans un couvent avignonnais. Grégoire XI ramena le siège pontifical à Rome. En 1378, l’accession au titre de pape d’Urbain VI déclencha le Grand Schisme d’occident. La majorité, française, des cardinaux, lui reprocha d’avoir été élu sous la pression de la population romaine en insurrection. Ils élirent Clément VII qui s’installa à Avignon, et fut qualifié d’antipape. L’occident chrétien fut séparé en deux suivant le clivage des rivalités politiques : L’Angleterre, les Flandres et le Saint Empire maintenaient leur fidélité à Rome. La France, l’Écosse et les états espagnols soutenaient Clément VII.
L’Europe était divisée, l’Église déchirée, la papauté affaiblie. Qu’en était-il des consciences? Ce devait être un dilemme pour Yolande, parente du roi de France soutenant le pape d’Avignon, donc clémentine, et pourtant fidèle au comte de Flandre soutenant le pape Urbain de Rome. Pour ces gens simples des campagnes septentrionales, qu’en était-il ? Comprenaient-ils ces querelles ? Rome, Avignon, c’était loin. La masse des chrétiens ne devait pas se sentir concernée. Ils récitaient par cœur, et se transmettaient oralement prières et cantiques. Le peuple inculte s’accrochait à ses superstitions, ne doutait pas de la parole de leur curé. La plupart des flamands, et du bas clergé, suivaient, comme leur comte et les Anglais, le pape Urbain de Rome.

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À l'époque de... Un Palais dans les dunes

Le Touquet-Paris-Plage, entre 1926 et 1936 :
Nous sommes dans « l’après-guerre », ou entre deux guerres pour nous.
Les années 20 sont les « années folles », une décennie éprise de mouvement, de vitesse, de frénésie. Elle est marquée par une émancipation de la femme…
Les années 30, consécutives au krach boursier américain, sont des années plus difficiles. Les gens s’amusent encore, mais l’inquiétude monte…
Le monde entier se presse au Touquet-Paris-Plage, s’étourdit dans l’éphémère et les plaisirs pour cacher l’angoisse d’une fin d’un monde. En pleine extension, la belle station attire désormais le gotha mondial, des souverains britanniques aux Maharajahs et vedettes de l’époque.

Le fabuleux Royal Picardy du Touquet Paris Plage, réputté pour être « le plus bel hôtel du monde », fut l’équivalent hôtelier dans la splendeur et pour le destin au Titanic.

Quelques dates du Royal Picardy :

12 août 1929 : ouverture du Royal Picardy
Fin de la saison 1930 : faillite
1931: les différentes mises en vente
Pentecôte 1932 : réouverture
L'hôtel redevient prospère, en 1933, il refuse du monde
Septembre 1938 : Crise de Munich, deux cents clients quittent le Royal Picardy le même jour
Mai 1940 : il devient le quartier général de la Wehrmacht. Hitler y étudie un plan d'invasion de l'Angleterre
1er bombardement de la R.A.F., ils abandonnent ce quartier général
Nouveau bombardement en juin 1944, pour faire croire que les Alliés débarquent sur la Côte d'Opale (19 bombes au total).
1949 : réouverture de 86 chambres. Mais les avions s'envolent désormais vers le soleil du midi.
7 Septembre 1951 : Il ferme définitivement ses portes.
Il est racheté par la ville en 1966, puis dynamité le 27 août 1968.
Sur le terrain, on construit l'école hôtelière actuelle. Sa tour est inaugurée en 1972.

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À l'époque de... L'étrangère de Saint-Pétersbourg

La Russie de cette époque est fascinante. C’est celle des « petites gens » qu’affectionnaient Pouchkine ou Gogol. Le pays est alors tiraillé entre obscurantisme et lumières, coutumes et modernité. Les relations avec la France, qui ont toujours été passionnelles, sont contrariées par des enjeux diplomatiques.
Alexandre II est un tsar injustement méconnu, le « tsar libérateur ». On lui doit l’abolition du servage, des peines corporelles. Il réorganisa, entre autres, la justice, et l’enseignement… Homme généreux, déchiré entre le maintien des traditions ancestrales et le désir d’émanciper le peuple, son ouverture d’esprit conduisit à son assassinat.
C’est encore la Russie des tsars mais l’on sent les prémices de la Révolution.

Surnommée « Madame Egalité », la tante d’Alexandre II, la Grande duchesse Helena Petrovna animait des soirées musicales et raffinées. Intelligente, spirituelle, elle se battit pour la suppression du servage, ce qui lui valut une second sobriquet : « Tante rouge ». Elle s’occupa de bienfaisance, créa une organisation d’infirmières bénévoles, et soutint Henri Dunant lors de la fondation de la Croix rouge en 1867.
Elle passait pour être l’une des plus spirituelles princesses d’Europe. Délaissée par son mari, le Grand Duc Michel, puis veuve, elle remplaça le luxe des bals par l’ambiance raffinée d’un salon artistique, ouvert à tous les gens d’esprit, Russes ou étrangers.

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À l'époque de... Les amants de la petite reine

La première partie se situe au moment de la Seconde guerre mondiale, de 1939 à 1945. Toute la région Nord de la France fut particulièrement touchée, à la fois par l’exode, et par les bombardements.
La seconde partie se situe entre les années 1947 et 1952, le début de la reconstruction, et l’époque du baby-boom.


Extraits :

"Une étrange guerre débuta, une drôle de guerre avec peu d'alarmes, pas de bombardements, mais des jeunes gens nordistes enrôlés qui partaient, et d'autres du sud ou de Bretagne, qui débarquaient en Flandre française, et créaient une animation, qui n'était pas pour déplaire à la jeunesse. Dans la Presse locale, des consignes furent données aux habitants, avec la place des caves et autres abris, et les instructions en cas d'alertes. Dans les familles Verley, Hermant, et dans toutes les autres, il y eu des mobilisés, à Dunkerque, dans les mines et plus loin. Des voitures réquisitionnées. Chez Bonte, où travaillait une tante de Céline, on remplaça la broderie par la confection de vingt mille sacs de jute. Cet hiver là, il n'y eut pas de course cycliste dans la région. Ils étaient tous au front. Les jeunes champions en herbe, eux, entretenaient leur forme sur les vélodromes, ignorant encore qu'il leur faudrait mettre au clou leurs rêves de gloire."

"Ce que virent Céline, Juliette, Louis, et tous les autres, est innommable. Toutes sortes de véhicules emplissaient les routes, précédés ou suivis par des gens, à pied. Seuls les petits en barboteuses et les gamins en shorts à bretelles qui hier encore jouaient à la guerre en faisant de la récupération de métaux pour l'armée, avec des allures de conspirateurs, et s'amusaient à imiter Hitler dans les rues, ignoraient l'embrasement de l'Europe, et ne comprenaient pas que c'en était fini du temps de leur insouciance."

"La horde de réfugiés hébétés, croisait des soldats tout aussi éperdus. Ils doublaient des charrettes en haut desquelles étaient perchés des vieux tellement vieux que leur visage totalement criblé de rides n'avait plus de sexe. A l'arrière, étaient accrochés des animaux de ferme ou domestiques. Ils laissaient sur le côté des véhicules bombardés, des chevaux éventrés, et des cadavres humains qu'on ignorait. On n'avait pas le temps. Au mieux leur recouvrait-on rapidement le visage d'un foulard ou d'un grand mouchoir. Il fallait garder ses couvertures. Parfois, on rejetait des morts dans les fossés, et des plaintes s'en échappaient. Des enfants erraient en pleurant. Ils avaient égaré leurs parents, et se retrouvaient, marchant trop vite pour leurs petites jambes, mais tenant fermement la main rassurante d'adultes inconnus, et charitables.

Ils écoutaient, terrifiés, le sifflement des bombardiers, et les détonations des explosifs, qui allaient les hanter dorénavant, jusqu'à leur mort. Ils les entendraient dans leurs cauchemars, ils y songeraient lors de bruits subits et étrangers, ils pleureraient dans leur coeur en voyant de nouvelles horreurs aux actualités. Allaient-ils trouver les mots, plus tard, pour éviter ces carnages ? Leurs parents avaient été impuissants. Etaient-ils donc morts pour rien ?"

"Ils tentèrent à nouveau de passer la Somme. C'était trop tard. Ils furent arrêtés à Montreuil. Le Nord commençait à être isolé, et serait déclaré : Zone interdite."

"Désemparés, ils firent marche arrière dans le désordre, la fumée, le sang. A leur tour, les villages devenaient des haltes fantômes, se vidaient de leurs habitants qui s'éparpillaient dans les fermes isolées et les bois attenants. Ils croisèrent des soldats britanniques qui rejoignaient leur pays, après s'être débarrassés de leur équipement militaire, de leur «Corned Beef» et parfois de quelques produits de pillage. A proximité d'Hazebrouck, ils croisèrent encore des civils, effarés de les voir se jeter dans la gueule du loup. Des nuages de fumée enveloppaient en effet la ville bombardée et incendiée. Il fallait être fou pour y retourner."

"Ce soir-là, impuissant, révolté, Louis entendit le bourdonnement de motocyclistes qui se rapprochaient. Le bruit s'intensifia. Ils avaient atteint la Grand place. Les moteurs s'éteignirent. Le claquement des bottes sur les pavés prit le relais. De la fenêtre du premier étage, il les vit, nombreux, alignés, disciplinés, mieux équipés que les soldats français en déroute, avec leurs bandes molletières. Il poussa un cri de rage. Le viol du territoire par les loups à la croix gammée était consommé. Il retourna d'abord son indignation contre les dirigeants français qui avaient laissé s'installer ce désastre, puis il songea à son père, et à ses alarmes. Il avait raison. Ce soir-là, sur la même place, bien d'autres épièrent les Allemands à l'abri de leurs rideaux, et des larmes coulèrent le long des joues des anciens, ceux de l'Autre guerre."

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À l'époque de... La splendeur des Vaneyck

Cette "saga familiale" débute en 1857, et s’achève en 1867. Nous sommes sous le Second Empire. Dix ans de grandes transformations pour Lille, où se déroule cette histoire. À l’exemple de Paris avec Haussmann, la cité nordiste subira un agrandissement, très contesté, mais qui changera définitivement son visage. Nous assistons à la grande attaque de choléra de 1866, à la visite de Napoléon III et d’Eugénie à Lille, en 1867.
Constant Vaneyck, le père, appartient au patronat textile. Il fait partie de ces "arrivés" de la post-révolution industrielle, de ces enfants de fondateurs, ces "dynastes". A partir de 1859, le textile, toujours florissant, vient de vivre des années exceptionnelles que l’on appelle "l’Age d’or".
Commence alors une nouvelle période pour l’empire : d’autoritaire, il devient libéral. Cet assouplissement va provoquer des mécontentements de ceux-là même qui jadis défendaient l’empereur, à savoir les patrons qui craignent le "Libre-échange", Les républicains, jadis muselés ou exilés, se font entendre. Les ouvriers ont enfin la parole, grâce au droit de coalition promulgué par Napoléon III. Ce sont les premières grèves. L’inquiétude va être amplifiée par la "famine du coton", provoquée par la guerre américaine de Sécession. L’âge d’or n’est plus. Les colosses ont les pieds d’argile.
Nous suivons, tout au long du roman, une autre famille, d’ouvriers, dont le père est un flamand belge, originaire de Gand et que la région a vu affluer en masse durant ces années. L’évolution de la famille Vaneyck suivra celle de l’empire : autorité, puis libéralisme. La "rédemption" viendra à la fois des plus simples - une famille ouvrière - et des retrouvailles avec des relations plus vraies, moins fondées sur les conventions contraignantes de ce 19eme siècle, siècle de progrès, mais aussi de sclérose de la société.
Mes personnages fictifs croisent Pasteur, Napoléon et Eugénie.
Les métiers sont ceux du textile, mais après la période des petites corporations ("les Silences du maître drapier") nous sommes dans la grande industrie moderne. La danse, les sciences, la médecine, les cochers, et le milieu des maisons closes sont présents au travers de certains personnages.
Dans ce siècle de progrès, les clivages sont importants entre les "arrivés" et les pauvres de l’époque. Vis à vis de femmes, le corset inculqué par le Code Napoléon ( Napoléon 1er), est particulièrement rigide.
Très controversé pour son coup d’état, ses guerres et le désastre de 1870, Napoléon III amène cependant la France dans le concert des Nations modernes, du libre-échange, des grandes constructions (avant de choisir Haussmann, il avait déjà tous les plans de Paris dans sa poche à son retour d’exil). Ami de la reine Victoria, et des saint-simoniens, il rêvait d’ôter la misère grâce au progrès. Il crée le droit de grève, mais les libertés nouvellement accordées se retourneront contre lui. Un homme piégé par son nom, qui faillit être l’ami de Hugo.

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À l'époque de... Les silences du Maître drapier

1729. Depuis le traité d'Utrecht de 1713, Lille est redevenue française. Après une longue période de guerres, de misère et d'occupation hollandaise, la ville revit. Lille est le centre d'une active région textile, et si l'on n'en est plus à l'époque glorieuse de la grande draperie moyennâgeuse, de beaux jours existent encore pour les corporations lainières avant l'écroulement des années 70 devançant de peu la première grande industrialisation.

Extrait :
"Le gouverneur était en ville avec sa suite. Il prenait au sérieux son poste honorifique bien que la vie de Cour commençât à le retenir hors de la province du Nord. Ce jeune représentant du roi Louis XV avait beaucoup impressionné, en se rendant au Te Deum dans son carrosse de gala, entouré de sept laquais en livrée d’apparat.
Quatre jours déjà que les rues résonnaient aux cris de "vive Monseigneur le dauphin !" Les Lillois témoignaient leur joie par d’incessantes ovations.
L’occupation hollandaise avait eu des conséquences désastreuses sur la région : Taxations, villages pillés, invasion de denrées étrangères, mendicité... Mais aujourd’hui, les années de guerre paraissaient éloignées.
Pour cette célébration, les représentants de l’autorité locale, le "Magistrat", avaient dépensé à outrance, exhorté les particuliers à agir de même, à dresser des châssis, des guirlandes, des girandoles, et à illuminer les façades de leurs demeures.
A l’honneur lors de la Procession solennelle, ces "Messieurs" du pouvoir remettaient à plus tard les tracasseries financières. Ils avaient consacré des sommes exorbitantes pour le banquet, pour les distributions de nourriture aux militaires, aux pauvres, aux orphelins de la ville, pour la décoration des édifices. Des constructions légères ornées de dauphins avaient été conçues par d’innombrables artisans au service des peintres et architectes. Des fontaines de vin avaient coulé pour le peuple, qui allait recueillir le breuvage royal dans la bouche ou le chapeau.
De tous côtés, on festoyait, dans la rue, devant les maisons et même dans les hôpitaux.
Ce soir-là, tout ce que Lille comptait de notables, de militaires gradés, de nobles, de bourgeois, sans oublier la longue liste des secrétaires, sergents, subdélégués, et autres officiers largement gratifiés par le roi, étaient réunis pour ce "bal en masque", heureux de jouer les extravagants."

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À l'époque de... Le Moulin de la Dérobade

1796 : Nous sommes sous le Directoire, gouvernement français depuis la fin de la Convention (octobre 1795) jusqu'au coup d'état de Bonaparte. Ce 19 Brumaire de l'an VIII (10 novembre 1799) qui marque la fin de la Révolution française.

Extraits du roman :
"La fin du monde n'a pas eu lieu" se disait Jacques Degraeve, en songeant aux années de Terreur. Le temps de la Constitution de l'an III et des traités de paix était venu. Adieu les suspects, les tyrans, les terribles massacres, la cruauté. Pendant la guerre contre les Autrichiens, réquisitionné, Jacques avait fourni des grains pour l'armée. Une période de transition commençait, avec ses spéculations et ses relâchements. Les champs de lin remplaçaient les champs de bataille. Après les temps difficiles, c'était le soulagement..."
"... De Graeve signifie Le Comte, en français" songeait-il en souriant. Certes, les dirigeants révolutionnaires avaient exigé que l'on ôte toute apparence de noblesse. C'est ainsi que De Graeve était devenu Degraeve. Pendant les heures sombres, il avait rédigé les doléances de son village car il était instruit. Il connaissait de ce fait mieux que quiconque l'histoire de la Révolution."
"... Jacques s'était enrichi grâce à la vente de biens nationaux. Depuis 1791 et l'abolition des droits féodaux, chacun pouvait ériger sur sa terre des moulins à vent. Il ne s'était pas fait prier. "


les armées napoléonniennes :
Extraits :
"L'armée, les années difficiles, l'avaient mûri. En ce printemps 1813, il revenait avec une nouvelle médaille : la Légion d'Honneur, obtenue après Austerlitz."
"Il raconta au jeune homme comment il avait fait partie de la Grande Armée, leur longue marche de mille kilomètres pour rejoindre le centre de l'Europe. Il avait combattu vaillamment à Austerlitz, puis à Eylau, où toute la cavalerie était dans la boue glacée et la neige, en plein brouillard. Eylau, une vraie boucherie. Ce ne fut pas la seule. Il était parti ensuite vers la Pologne jusqu'à Moscou, avait traversé la Bérésina à la nage... "
"Il revit alors les files d'éclopés et de pillards déguenillés et puants ; continuant d'avancer, à chaque trouée, piétinant les blessés oubliés sur le terrain de bataille, et détroussés. Pillages, insubordination, mutineries, désertions, il avait tout vu, mais au feu, les hommes étaient braves. Ils étaient voués corps et âmes à l'Empereur". "Il revit les glaces de Russie, les silhouettes fantomatiques marchant sans se plaindre, les pieds déchirés par la glace. Les convois de nourriture insuffisants. Et le retour, vêtus de draps ou de peaux de moutons, la traversée des villages qu'ils avaient eux-mêmes dévastés à l'aller. La famine. Il ne montait plus qu'une misérable haridelle."
" - " Mais as-tu déjà vu des plaies grouillant de vers ?..." demanda Alexandre. "T'es-tu jamais allongé sur des cadavres pour dormir hors de la boue ou de la glace ?.... As-tu jamais mangé ton cheval mort, que tu chérissais, et bu de la neige ? C'est ainsi que je m'en suis tiré.... J'ai gardé dans les yeux le regard dilaté des agonisants, dans la bouche un incessant goût de sang chaud, dans les oreilles le bruit assourdissant des rafales meurtrières et le râle des soldats transpercés par la lame de mon sabre !... Voilà ce que je vois, entends, et ressens toutes les nuits avant de m'endormir, pour rêver encore à cette boucherie. Voilà ce qu'est la guerre, Benjamin ! "


1906 :
La bande Pollet ravage le Nord :
Extraits :
" En ce début janvier 1906, il était essentiellement question d'une bande de voleurs semant la terreur par leurs expéditions nocturnes. A pied, ils parcouraient toute la région située entre Hazebrouck, Béthune, et Bailleul. - " Et maintenant, ils s'attaquent à la Flandre belge, et à Krombeke, ils ont tué ! " annonçait-on.
- "C'est la même bande ? " Le garde champêtre avait sa petite idée.
" Pour connaître aussi bien la frontière, ce ne peut être qu'un contrebandier qui a mal tourné "
" [...]Il était aussi question de "la bande Pollet ". Le dix du mois, plus de cinq-cents curieux étaient accourus pour assister, à la frontière, à une confrontation assez épique entre les éléments français de la bande d'Hazebrouck et les détenus belges.
- "Les dénonciations se mettent à pleuvoir ! " leur apprit le garde-champêtre.
- "On devrait tous les pendre au mont des Récollets, et leurs cadavres serviraient de pâture aux vautours. "
- " On n'est plus au Moyen-âge... D'ailleurs, il est question de la supprimer, la peine de mort ".
- " Tu vas voir Jérôme, "la Veuve" (guillotine) va reprendre du service ! "
- "Oh ? L'échafaud n'a pas servi depuis une dizaine d'années. "
- "Tu vas voir, je te dis ! "


Pollet et trois de sa bande seront effectivement guillotinés le 11 janvier 1909 à Béthune.
On avait amené la guillotine de Paris, et une multitude de curieux s'était déplacée, dans une ambiance de fête.

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À l'époque de... Les filles du Houtland

la guerre 1914-1918
extrait :
"La plaine gardait encore quelques résidus des désastres provoqués par la guerre. La Flandre avait souffert. Les Moëres (Moëres : Terres marécageuses et asséchées, en Flandre maritime) avaient été inondés en 14. Le vent d'est venant d'Ypres s'était empoisonné de gaz brûlant les poumons. Il y avait eu la saveur âcre des cendres, avant que des pluies de larmes ne viennent balayer ce carnage. "
"... Pourtant, quand les vents déferlaient sur la plaine, Isoline croyait entendre encore comme des hurlements, comme le souffle de soldats haletants. Le frémissement des roseaux se propageant sur les étangs ressemblait alors au douloureux murmure des mères. En faction le long des canaux, disciplinés, les jeunes peupliers du Canada, ces nouvelles plantations qui remplaçaient les arbres ayant servi aux armées, se tordaient ; malheureuse cohorte en déroute dont on apercevait les silhouettes en lambeaux. Certains croyaient voir des fumées jaunes toxiques du côté de Dunkerque, ou d'Ypres. Le front était un peu plus loin, mais le miroir de l'eau avait rougi du sang des corps éventrés. "
"... Les remparts avaient conservé l'écho des bottes allemandes résonnant dans la plaine, le grondement des canons, le sifflement des obus, des sirènes, les frissons de la peur qui entraînait à sa suite un fourmillement de fugitifs aux allures de romanichels, emmenant avec eux des matelas et des hardes, des enfants et des vaches."


L'entre-deux guerres
extrait :
" L'effroyable page était enfin tournée.
L'Europe pansait ses plaies, la vie était plus chère, les paniers moins remplis, mais on espérait bien ne plus subir pareille folie meurtrière. On vivait désormais avec la notion de l'avant et de l'après. Et l'après, disait-on serait meilleur. Le temps de la reconstruction avait sonné. On pouvait oublier. On ne revivrait plus pareil désastre. Dans les villes, on s'y employait avec un féroce appétit de jouissance.


1925 :
Exposition internationale des Arts Décoratifs à Paris
extrait :
" Elles avaient traversé toute l'Exposition, qui se tenait d'avril à octobre 1925, sur les abords des Grand et Petit Palais, le pont Alexandre III, et l'Esplanade des Invalides, avant d'atteindre les péniches amarrées quai d'Orsay. Elles s'étaient dirigées vers le Cours la Reine, et les pavillons des vingt Nations étrangères, dont le plus étonnant était sans nul doute celui de l'URSS peint en blanc et rouge, édifié en verre, acier et bois. L'avenir y était présent, avec confiance, avec audace. Et l'exposition s'avérait être un immense succès.

l'abbé Lemire :
Un "ami de l'homme", Jules Lemire. Marguerite Yourcenar disait qu'il était l'un de ses grands hommes, le reporter Albert Londres traversa les lignes ennemies, afin de le rencontrer dans sa ville bombardée. Abbé démocrate, député-maire audacieux, poète de sa Flandre natale apôtre de la tolérance, pionnier social, et fondateur des Jardins ouvriers, il fut l'un des hommes qui honora le plus le Parlement. Au travers de sa longue silhouette modestement dessinée, c'est un vibrant salut que je souhaite adresser à celui que nombre d'Hazebrouckois - et, j'en connais de très proches - portent encore dans leur coeur.....

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À l'époque de... L'oubliée de Salperwick

La révolution de 1848 :
Depuis deux ans, la France commençait à bouger. On réclamait une véritable réforme de la société, mais Louis-Philippe et son ministre Guizot, eux, ne bougeaient pas. De mauvaises récoltes, les paysans appauvris, des problèmes dans le textile et les chemins de fer aggravent la situation. Les" réformistes " organisent des banquets. Manifestations, fusillades et barricades se succèdent rapidement. Les troupes sont gagnées par l'insurrection.
Louis-Philippe abdique en faveur de son petit-fils, le comte de Paris (24 février), et fuit Paris en fiacre. Lamartine proclame la république. La constitution qui va être votée prévoit le suffrage universel, mais le 10 décembre 1848, Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de l'Empereur est élu.
Trois ans ans plus tard, la république n'existe plus : Par un coup d'état, il s'empare du pouvoir et rétablit l'empire.

Dans le Nord, la métropole lilloise est troublée en février 1848. Le 23 le peuple manifeste sous les fenêtres de la préfecture où se donne un bal. Le 25, le préfet est chassé. Les troubles durent jusqu'au 10 mars, quand Delecluze rétablit l'ordre.
C'est pendant cette période que Flore, l'héroïne de " l'oubliée de Salperwick " arrive à Lille, n'y connaissant personne...

Le 23 avril, les modérés l'emportent. Mais nous sommes en plein marasme économique... Louis-Napoléon obtiendra un triomphe, en dépit des contestations concernant le suffrage censitaire.

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À l'époque de... Le coeur en Flandre

Le XVIIe siècle en France, les années 80…
La puissance française est au zénith, et ceci durera jusqu'en 1689.
Le roi "soleil" Louis XIV, a vaincu ses ennemis. Il gouverne seul, avec la certitude que son pouvoir lui a été conféré par Dieu. C'est le règne de l'absolutisme. Il se fait obéir de tous : Nobles ou roturiers. Il dirige l'économie, les lettres, les arts et aussi l'église de France.
Il s'installe en 1682 avec sa cour et ses ministres à Versailles. La noblesse se fait courtisane. En 1683, la reine Marie-Thérèse, première dame du royaume de France et fille du roi d'Espagne meurt. La même année, Louis épouse secrètement Madame de Maintenon et devient, à ses côtés, plus "religieux". Les courtisans doivent suivre. Il continue néanmoins sa politique d'expansion et attaque à nouveau les Flandres espagnoles.
En cette presque fin de siècle, les hérétiques existent toujours, mais ils ne sont plus les mêmes. En 1683, on ne brûle plus de sorcières. On s'attaque aux protestants. Les brimades envers les Réformés s'accentuent. On les convertit en masse, du moins ose-t-on le croire. Et tous les moyens sont bons, comme les trop célèbres "Dragonnades". En 1685, Louis XIV juge que les obstinés ont disparus, et que l'Edit de Nantes institué par son grand-père, Henri IV, n'a plus lieu d'être. Pressé surtout d'apaiser le Saint Siège qui lui reproche ses maîtresses et aussi le pouvoir qu'il s'est acquis, et afin de l'obliger à lui adresser publiquement des louanges pour ses conversions, il révoque l'Edit de Nantes en octobre. Les pasteurs protestants ne sont plus autorisés à prêcher. Leurs temples et leurs écoles sont fermés.
La décision royale reçoit une approbation quasi-unanime. Mais les conséquences sont très graves. Certains, qui n'ont pas abjuré, subissent d'affreuses peines.
200 000 protestants partent en exil, malgré l'interdiction royale.
Cette émigration va durer pendant un demi-siècle.
Tandis que de nombreux souverains européens ont évolué, comme Louis XIV, vers l'absolutisme, des régimes d'assemblées s'imposent en Hollande et en Grande-Bretagne. En 1689, la suprématie française disparaît. Des coalitions catholiques et protestantes se forment contre l'ennemi, le roi de France. Situé entre la renaissance et le "siècle des lumières" le XVIIe siècle donne lieu à un mouvement intellectuel éblouissant. Le Classicisme rayonne.
Par contre, cette fin de siècle voit s'accentuer le mortalité due aux guerres, aux dévastations, aux grandes famines et aux épidémies. Il y a une stagnation économique, que n'arrange en rien l'exil des protestants. On assiste à une recrudescence des antagonismes sociaux, une rupture entre la minorité des privilégiés et la masse des humbles. Les grandes villes européennes, comme Amsterdam, Lille ou Paris voient augmenter les impôts, la misère des adultes et des enfants, ainsi que le chômage.

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À l'époque de... La kermesse du diable

Le roman met en scène des personnages qui deviendront des Flamands de France, Flamands francophones. Ils sont avant tout, Européens. En effet, l'action se situe dans une des régions d'Europe qui connut le plus grand nombre d'invasions, de batailles, de mouvements de population. La Flandre, Couloir de l'Europe. Elle parle d'une époque où les nations modernes sont encore en train de se chercher, mais en ce terrible XVIIe siècle, l'Europe est déjà un peu : "l'Europe avant l'europe". Ainsi, les Arts et les Sciences dépassent allègrement les frontières. De Venise à Amsterdam, de Bruxelles à Madrid, les grands courant de Pensée sillonnent à travers toutes les Provinces par chemins et canaux. Les diverses langues se côtoient, tant dans les Armées que dans les Cours des Monarques, ou encore des les grandes foires commerciales. Plus qu'à un pays, on est fidèle à une foi, un idéal, une conviction.


Contexte historique

1 - QUELQUES DATES
1657 : La chasse aux sorcières est à son apogée dans tout le Plat Pays.
1659 : Traité des Pyrénées qui termine la guerre de trente ans. Le Plat Pays garde ses privilèges et sa langue Flamande.
1667-1668 : Invasion de Louis XIV et annexion de Lille. Traité d'Aix-la-Chapelle. Grande peste à Lille. Après les persécutions contre Port Royal, Louis XIV accorde une trève aux Jansénistes.
1672 : Louis XIV déclenche la guerre contre la Hollande.
1674 : Interdiction de tout commerce avec l'Espagne et la Hollande. Le pouvoir Royal soumet à ses lois les ateliers de Dentellerie. Ecrire et chanter en patois sont considérés comme des actes de subversion. Les Jésuites prennent résolument le parti du Roi.
1678 : Traité de Nimègue. Le Plat Pays (dont la Châtellenie de Cassel avec Morbeke et Hazebroeck) passe aux mains de la France. Le pouvoir Royal reprend ses persécutions envers les Jansénistes.
1713 : Les frontières de la France deviennent celles d'aujourd'hui, après le Traité d'Utrecht.


2 - LES 17 PROVINCES
En ce milieu du XVIIe siècle, aux Pays-Bas, le bel ensemble des 17 provinces rassemblées par les Ducs de Bourgogne s'est fissuré. Une nouvelle frontière est apparue : Religieuse et idéologique. Les 7 provinces du Nord acquises au protestantisme se sont révoltées contre l'Espagne, créant la République des Provinces Unies (Hollande). Les 10 Provinces du sud sont demeurées fidèles à l'Espagne et au catholicisme (futurs Belgique et Nord de la France). Ces Pays-Bas du sud forment un bloc homogène menacé au nord par les provinces Unies Calvinistes et au sud par une France jugée trop envahissante. Pouvoir discuter l'impôt, s'administrer en toute indépendance, en bref, être maître chez soi derrière ses remparts, voilà ce à quoi sont attachés les bourgeois Flamands. Louis XIV sera impopulaire par sa fâcheuse habitude d'augmenter les impôts, d'exercer des contrôles tatillons sur l'économie, et de créer des barrières douanières. Sa politique centralisatrice et expansioniste n'entrainera que guerres, pillages et famine. En 1667, les gens de Flandre se sentent enfin "Espagnols". Voilà qu'on leur dit : "soyez Français". Cela mettra un certain temps, puisqu'en 1682, Vauban pourra encore s'exclamer : "Ce pays n'est pas encore désespagnolé".
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3 - ENTREE DE LOUIS XIV A LILLE
A la mort de Philippe IV d'Espagne, en 1667, Louis XIV envoie à Madrid un "Traité des droits de la Reine" et le 24 mai, il entre en Flandre, avec 3 armées, soutenant qu'il ne vient pas faire la guerre à l'Espagne, mais prendre posséssion "pacifiquement" de l'héritage de sa femme ! Lille est cernée par 50 000 hommes. La garnison Lilloise composée de 35 000 hommes résiste 17 jours et capitule le 28 août. Le Roi fait en pompeux équipage les honneurs de la ville à la Reine et à ses 2 favorites : la La Vallière et La Montespan. Le traité de paix d'Aix-la-Chapelle est signé le 2 mai 68. Désormais Lille est Française, mais une grande partie du Plat Pays (Nord de la France) restera encore Espagnole pendant 10 ans.
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4 - AMBIANCE GENERALE DE L' EPOQUE
Contrairement à nous, nos ancêtres vivaient dans un univers "sacralisé", univers de magie et de religion présentes dans le moindre de leurs actes. L'"âme" prédomine. les corps ne sont pas "libres". Nombre d'hommes et de femmes sont frustés ou culpabilisés. C'est la peur de Satan sur Terre. C'est le siècle de l'âme que l'on essaie de sauver, faute de pouvoir soigner les corps. Ici-bas n'est pas le bonheur. Seul compte le bonheur "Céleste". La vie terrestre n'a pas de valeur. Ici-bas règne le fanatisme et le mysticisme. Tout n'est que symbole. Il ne faut pas chercher à comprendre les mystères de l'Univers. Ce sont les "émotions" qui priment. Le feu est omniprésent : feu des bougies, de l'âtre, des fréquents incendies et des bûchers. L'eau l'est également : celle des marais, du canal, l'eau bénite… Les cloches sonnent très régulièrement et ont une signification sociale importante : Angélus, fêtes, tocsin, appel aux réunions… Les bruits et les cris de la rue : chanteurs, artisans, comporteurs, marchands divers participent de façon intense à la vie des cités. Les cris contrastent avec les chuchotements des intérieurs. Les êtres vivent en état de soumission. Cependant des personnages comme Corneille et Renelde apparaissent et posent des questions.
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5 - LA PESTE
La Flandre, au XVII siècle, connaît de nombreuses épidémies, propagées par les mouvements de troupes contaminées. Lille est touchée par le mal en octobre 1667, juste après son annexion à la France. Ce sont des fagots de bois introduit dans la ville et provenant des tranchées où vivaient des soldats malades qui sont à l'origine de l'épidémie. La peste disparaitra grâce à des mesures plus que draconiènnes : dès qu'une personne est contaminée, on condamne sa maison, en emmurant tous ceux qui y vivent. 1/10e de la population Lilloise mourut de cette peste. Ce fut la dernière grande épidémie dans l'histoire de la ville de Lille.
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6 - CHAMBRES (ou CONFRERIES) DE RHETORIQUE
Sociétées littéraires créées dès le XIVe siècle en Artois et en Flandres. Chaque paroisse ou presque possédait sa guilde poètique et chaque village montait des drames Bibliques ou des farces chantées et dansées. Ces Confréries culturelles avaient aussi une fonction de solidarité entre les membres d'une même Corporation de métier. Au XVIe et au XVIIe siècle, un grand faste les caractérisait : Des défilés avec banières, chevaux, chars, trompettes et tambours attiraient la foule venue se réjouir à la Kemesse ou à au concours "inter-village". Sur la grand place décorée, la population soutenait bruyamment les meilleurs acteurs. Les Chambres étaient hierarchisées : Gouverneur, Prince, Trésorier, Doyen, Poète ou Farceur, Fou… La plupart étaient masculines. Quelques unes étaient mixtes. Il y eut quelques guildes féminines dont la Reine était choisie par un "jeu de l'oie". Les réunions dans lesquelles on composait chansons, vers pompeux et bons mots étaient aussi l'occasion de franches "lippées". Les Chambres perpétuaient la tradition et la langue Flamandes et s'opposèrent de ce fait à l'annexion par la France. La dernière Chambre a cessé ses activités en Flandre Française en 1939.

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